La littérature comporte son lot de relations amoureuses, que ce soit entre deux personnages fictifs ou deux écrivains qui mettent leurs mots au service de leurs propres sentiments. Voici 10 exemples de lettres d'amour qui feront chavirer votre coeur.

Les 5 premiĂšres se trouvent dans cet article, les 5 suivantes dans un second article dont le lien est un peu plus bas. ☀

  • George Sand Ă  Alfred de Musset - la lettre d'infidĂ©litĂ©
  • Gustave Flaubet Ă  Louise Colet, la lettre d'amour la plus triste
  • De Victor Hugo Ă  Juliette Drouet, la lettre d'amour et de dĂ©votion
  • De Balzac Ă  Madame Hanska, la lettre d'amour transcendante
  • D’Alphonse de Lamartine Ă  Mary Anne Birch, la lettre d'amour la plus Ă©mouvante

Bonne lecture 💌

De George Sand à Alfred de Musset, la lettre d'infidélité

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CachĂ©e derriĂšre le pseudonyme de George Sand, Aurore Dupin a entretenu une longue et tumultueuse liaison avec Alfred de Musset. Ses correspondances ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans le livre Lettres d’une vie. Dans ce recueil, nous retrouvons entre autres des lettres envoyĂ©es au poĂšte. Celle qui nous intĂ©resse a Ă©tĂ© Ă©crite Ă  Venise alors que les deux amants Ă©taient en voyage. Musset, peu soucieux de son amante, passe ses nuits dans les maisons closes et les cabarets, oĂč il finit par contracter une fiĂšvre qui l’oblige Ă  rester alitĂ©. InquiĂšte, Georges Sand contacte un mĂ©decin, Pietro Pagello, avec qui elle commence une liaison. Se sentant coupable, l’écrivaine avoue tout au poĂšte dans une lettre.

Non mon enfant chĂ©ri, ces trois lettres ne sont pas le dernier serrement de main de l’amante qui te quitte, c’est l’embrassement du frĂšre qui te reste (
) Mais garde-moi dans un petit coin secret de ton cƓur et descends-y dans tes jours de tristesse pour y trouver une consolation ou un encouragement. (
) Aime donc, mon Alfred, aime pour tout de bon. Aime une femme jeune, belle et qui n’ait pas encore aimĂ©, pas encore souffert. MĂ©nage-la et ne la fais pas souffrir. Le cƓur d’une femme est une chose si dĂ©licate quand ce n’est pas un glaçon ou une pierre ! (
) Ton Ăąme est faite pour aimer ardemment ou pour se dessĂ©cher tout Ă  fait (
) Peut-ĂȘtre m’as-tu aimĂ©e avec peine pour aimer une autre avec abandon. (
) Pour la premiĂšre fois de ma vie j’aime sans passion. (
) j’ai souffert souvent, je me suis trompĂ© quelques fois, mais j’ai aimĂ©. C’est moi qui ai vĂ©cu et non pas un ĂȘtre factice crĂ©Ă© par mon orgueil et mon ennui (
) Ne hasarde rien qui te fasse souffrir. Tu as bien assez souffert pour moi. (
) Tu sais que je les aime de passion, tes vers, et qu’ils m’ont appelĂ©e vers toi, malgrĂ© moi, d’un monde bien Ă©loignĂ© du tien. (
) Quelquefois je me mets Ă  rire toute seule au souvenir de nos bĂȘtises et puis il se trouve que cela me fait pleurer. Oh ! nous nous reverrons, n’est-ce pas ?

De Gustave Flaubert Ă  Louise Colet, la lettre d'amour la plus triste

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Écrivain phare du XIXe siĂšcle, Gustave Flaubert est connu pour ses Ɠuvres principales Madame Bovary et l’Éducation sentimentale. Deux Ă©vĂšnements traumatiseront l’auteur, alors qu’il est en plein dans la rĂ©daction de l’Éducation sentimentale : le dĂ©cĂšs de sa jeune sƓur qui venait d’accoucher et de son pĂšre qui lui laisse un hĂ©ritage confortable. Il reprend alors l’écriture Ă  temps plein et fait la rencontre de la poĂ©tesse Louise Colet, avec qui il vivra une aventure houleuse et tumultueuse. Leur correspondance Ă©tait considĂ©rable et en voici un extrait d’une d’entre elles que l’on peut retrouver dans le recueil Lettres Ă  Louise Colet.

Ta lettre de ce matin est triste, est d’une douleur rĂ©signĂ©e. (
) Ce que je veux de toi ? Je n’en sais rien. Mais, ce que je veux moi, c’est t’aimer, t’aimer mille fois plus. Oh ! si tu pouvais lire dans mon cƓur, tu verrais la place oĂč je t’ai mise ! (
) Ne retiens pas tes larmes ; ça vous retombe sur le cƓur, vois-tu, et ça y fait des trous profonds. (
) Qui ne l’est pas, Ă©goĂŻste, d’une façon plus ou moins large ? (
) Être bĂȘte, Ă©goĂŻste, et avoir une bonne santĂ©, voilĂ  les trois conditions voulues pour ĂȘtre heureux ; mais si la premiĂšre nous manque, tout est perdu. (
) Mais je veux dire qu’il me semble que toi aussi, tu as de la tristesse au cƓur, et de cette profonde qui ne vient de rien et qui, tenant Ă  la substance mĂȘme de l’existence, est d’autant plus grande que celle-ci est plus remuĂ©e. (
) Quand tu es habillĂ©e, tu es fraĂźche comme un bouquet. Dans mes bras je te trouve d’une douceur chaude qui amollit et qui enivre. Et moi, dis-moi comment je t’apparais. De quelle façon mon image vient-elle se dresser sous tes yeux ?
 Quel pauvre amant je fais, n’est-ce pas ! (
) Il fallait donc que je t’aimasse, et fort, puisque j’ai Ă©prouvĂ© le contraire de ce que j’avais Ă©tĂ© Ă  l’abord de toutes les autres, n’importe lesquelles. (
) Le cƓur humain ne s’élargit qu’avec un tranchant qui le dĂ©chire. (
) N’avoir pas seulement Ă  t’offrir une cassolette de vermeil pour faire brĂ»ler des parfums quand tu vas venir dormir dans ma couche ! Quel ennui ! Mais je t’offrirai tous ceux de mon cƓur. Adieu, un long, un bien long baiser, et d’autres encore.

De Victor Hugo à Juliette Drouet, la lettre d'amour et de dévotion

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Victor Hugo est un monument de la littĂ©rature française. Connu pour ses poĂšmes, ses romans d'amour ainsi que ses piĂšces de thĂ©Ăątre, il a Ă©galement entretenu une relation secrĂšte et Ă©pistolaire avec Juliette Drouet jusqu’à sa mort. L’auteur alors menacĂ© d’arrestation, son amante lui prĂ©sente un typographe qui lui fait un autre passeport et le cache chez des amis Ă  elle. Elle le suit Ă  Guernesey oĂč il est en exil. Les lettres de Juliette Drouet Ă  Victor Hugo sont presque quotidiennes et sa soif de lui insaisissable. L’annĂ©e oĂč Hugo Ă©chappa Ă  l’arrestation, il lui Ă©crivit cette lettre dont voici quelques extraits, lettres publiĂ©es Ă  titre posthume dans le recueil du nom de Correspondance :

Mon doux ange bien aimĂ©, voici l’annĂ©e qui finit, annĂ©e de douleurs, annĂ©e de luttes, annĂ©e d’épreuves, l’annĂ©e qui commence sera l’annĂ©e d’espĂ©rance de joie et d’amour. (
) Tu as Ă©tĂ© admirable ma Juliette dans ces sombres et rudes journĂ©es. Si j’avais eu besoin de courage, tu m’en aurais donnĂ©, mais j’avais besoin d’amour, et sois bĂ©ni, tu m’en apportais ! (
) Tu t’étonnais de mon calme et de ma sĂ©rĂ©nitĂ©. Sais-tu d’oĂč me venaient cette sĂ©rĂ©nitĂ© et ce calme ; c’était toi. (
) Tu as tout donnĂ© et tu as tout gardĂ©. J’ai eu tout et tu as tout. Il n’y a que les astres du ciel qui puissent ainsi donner sans cesse leurs rayons sans diminuer leur lumiĂšre. L’annĂ©e qui vient de finir a Ă©tĂ© triste. Une moitiĂ© de mon cƓur est morte. (
) Je t’attends ce soir avec bien de l’impatience. On dirait que les battements de mon cƓur voudraient hĂąter les pulsations de la pendule pour y arriver plus vite. Quand je ne serai plus qu’une cendre glacĂ©e, quand mes yeux fatiguĂ©s seront fermĂ©s au jour, dis-toi, si dans ton cƓur ma mĂ©moire est fixĂ©e :
Le monde a sa pensée
Moi j’avais son Amour.

De Balzac Ă  Madame Hanska, la lettre d'amour transcendante

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HonorĂ© de Balzac, au mĂȘme titre qu’Hugo, est un Ă©lĂ©ment important de la littĂ©rature. Il cĂŽtoya beaucoup de femmes dans sa vie, mais sa passion la plus longue fut envers la comtesse Hanska. Celle-ci se joue un peu de lui en lui envoyant une premiĂšre missive signĂ©e du pseudonyme l’ÉtrangĂšre. Balzac tombe rapidement sous son charme et commence ainsi une correspondance avec elle. AprĂšs une premiĂšre rencontre, il lui Ă©crit une lettre pleine d’amour.

Mon ange, je viens de lire ta lettre, oh j’ai eu envie de tomber Ă  tes genoux ! (
) Tant que je vivrai je serai ton chĂ©ri, je respecterai en moi, le cƓur que tu as choisi ; je ne m’appartiens pas. (
) Ö mon amour, fais-toi des cieux sereins, car il n’y a dans mon ĂȘtre qu’affection, amour, tendresses et caresses pour toi. Oui, je vis en toi comme tu vis en moi. Jamais Dieu ne sĂ©parera ce qu’il a si fort assemblĂ©. Ma vie est ta vie. (
) Ta tristesse m’attriste, ta joie me rend joyeux, je suis dans ton cƓur, j’écoute ta voix par moments, enfin j’ai l’amour Ă©ternel, impĂ©rissable, angĂ©lique que je dĂ©sirais. Tu es et le commencement et la fin, ma chĂ©rie, mon Ève, comprend donc l’Ève, je suis aussi exclusif que tu peux l’ĂȘtre. (
) J’ai pour toi dans le cƓur tout ce qu’il a trouvĂ© d’adoration, dans on sublime gĂ©nie Ă  faire exprimer aux anges, mais tu es Dieu pour moi, Ô chĂšre idole adieu.

D’Alphonse de Lamartine Ă  Mary Anne Birch, la lettre d'amour la plus Ă©mouvante

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Lamartine est un poĂšte et romancier français qui appartenait au mouvement des romantiques. Le grand amour de sa vie fut Julie Charles, une femme mariĂ©e qu’il rencontra en cure Ă  Aix-les-Bains. Il lui dĂ©dia son poĂšme le plus connu, Le Lac. Mais un Ă©vĂšnement tragique sĂ©pare les deux Ăąmes Ă  tout jamais ; Julie dĂ©cĂšde subitement et laisse son amant inconsolable. Mais deux ans plus tard, il fait la connaissance, alors en visite chez sa sƓur, de Mary Anne Birch, avec qui il finira par se marier. Afin de lui dĂ©clarer son amour, il lui Ă©crit une lettre :

J’ose vous supplier, Mademoiselle, de ne pas me juger avec sĂ©vĂ©ritĂ© la dĂ©marche Ă  laquelle la nĂ©cessitĂ© me force Ă  recourir, et de lire au moins cette lettre jusqu’au bout. Je n’ai pu vous voir sans vous aimer, et chaque jour comme chaque parole a contribuĂ©, depuis, Ă  fortifier en moi ce penchant d’abord involontaire, mais que la raison et la volontĂ© approuvent Ă©galement aujourd’hui. (
) Si je puis me croire assez heureux pour que vous partagiez seulement en silence les sentiments que vous avez fait naĂźtre, rien ne me coĂ»tera pour parvenir au terme de mes vƓux que je pourrai croire les vĂŽtres. (
) Nous aurons sans doute des deux cĂŽtĂ©s des obstacles d’égale force, mais aucun obstacle ne peut ĂȘtre aussi fort que le sentiment qui me guide (
) Je m’arrĂȘte, j’en ai peut-ĂȘtre trop dit, mais je ne pouvais plus me taire. Non : vous ne me condamnerez pas, et si vous m’avez jugĂ© vous-mĂȘme avec indulgence, vous comprendrez mieux que personne la force du sentiment qui m’entraĂźne ! J’attends mon sort du premier regard qui suivra la lecture de cette lettre.

Pour continuer Ă  chavirer, voici cinq autres lettres d'amour qui sauront vous plaire.

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