En 1791, Olympe de Gouges rédige la Déclaration des Droits de la Femme et la Citoyenne. Pour cet acte subversif et féministe avant l'heure, cette pionnière du féminisme sera guillotinée après un procès sommaire et sans avoir le droit d'être défendue par un avocat.

Depuis, la cause du féminisme a fait des progrès, mais il reste encore beaucoup à accomplir avant que le féminisme ne devienne inutile. Un petit historique des évolutions tardives du droit des femmes suffit à faire froid dans le dos et à démontrer l'importance de continuer les luttes féministes.

Le droit de vote, un combat mené par les Suffragettes

  • En 1876, Hubertine Auclert fonde en France la société Le Droit des femmes qui soutient le droit de votes des femmes.

  • Au début du XXème siècle, le combat pour le droit de vote des femmes prend une plus grande ampleur grâce à la naissance du mouvement des Suffragettes au Royaume-Uni. En 1903 est effectivement créée l'organisation de la Women's Social and Political Union, avec à sa tête la célèbre Emmeline Pankhurst. Une lutte acharnée commence, ponctuée de nombreuses arrestations de ses membres qui font alors la grève de la faim en protestation et sont souvent gavées de force en prison.
  • Parmi les évènements marquants de ce combat, on peut citer le décès de la première martyre des Suffragettes, Emily Davison, lors du derby d'Epsom en 1913, et de nombreuses manifestations.
  • La première guerre mondiale jouera également un rôle primordial dans l'obtention du droit de vote par les femmes, puisque les femmes doivent alors remplacer les hommes partis à la guerre dans les usines. Ce sont elles qui font tourner le pays et maintiennent tant bien que mal son économie, participant à l'effort de guerre. Cela obligera par la suite les Anglais à réaliser que les femmes peuvent travailler et sont résistantes, et motivera alors la mise en place du droit de vote des femmes en 1918.
  • Cependant, seules les femmes âgées de 30 ans peuvent alors voter et il faudra attendre 1928 pour que cet âge soit le même que pour les hommes, à savoir 21 ans.

  • Si l'histoire des Suffragettes vous intéresse, on vous conseille le film Les Suffragettes sorti en 2015 et réalisé par de Sarah Gavron, avec Meryl Streep et Helena Bonham Carter. Mais attention, le contenu est très réaliste et certaines scènes peuvent être choquantes, âmes sensibles s'abstenir !

  • En France, le droit de vote et d'éligibilité sont accordés aux femmes en 1944 seulement !

"We don't want to be lawbreakers, we want to be law makers !"

Education, travail, salaire : il reste du chemin à parcourir !

Education :

  • En 1850, la loi Falloux rend obligatoires les écoles pour filles dans les communes de plus de 800 habitants.

  • En 1924 a lieu l'uniformisation des programmes entre les cours donnés aux filles et aux garçons, ainsi que l'instauration d'un baccalauréat unique, identique pour les deux sexes.

  • En 1976, la mixité devient obligatoire dans tous les établissements scolaires publics.

Travail et salaire :

  • A partir de 1900, les femmes accèdent au barreau et ont le droit de faire des études pour exercer le métier d'avocate.

  • En 1946, la notion de "salaire féminin" est supprimée. Puis en 1972, le principe "à travail égal, salaire égal", est reconnu. Cependant aujourd'hui encore les femmes gagnent en moyenne 24% de moins que les hommes par an.

  • Fait incroyable : il faut attendre 1965 pour qu'une femme mariée ait le droit d'exercer une profession sans l'accord de son mari, ainsi que pour qu'elle ait le droit de disposer de son propre argent, en ayant un compte en banque à son nom, ainsi qu'un chéquier.

Au sein de la famille : vers plus d'égalité entre les parents et un partage des tâches plus équitable

  • En 1792, la loi autorise le divorce par consentement mutuel. Cependant, il sera aboli en 1815 sous le régime de la Restauration et il faudra ensuite attendre 1975 pour qu'il soit réinstauré !

  • En 1938, l'incapacité juridique de la femme mariée est supprimée.

  • A partir de 1970, l'autorité paternelle est remplacée par l'autorité parentale, partagée par les deux parents.

  • Puis en 1984, le congé parental est ouvert aux deux parents.

  • Enfin, en 2002 est créé le congé paternité, qui permet aux pères de disposer de 11 jours de congé (ou 18 jours dans le cas de naissance multiple) qui s'ajoutent aux 3 jours légaux de congé de naissance. Dans le même temps sont reconnues l'autorité parentale conjointe, la garde alternée ainsi que la coparentalité, et l'enfant peut porter le nom des deux parents.

N'oublions pas que les avancées concernant les droits des pères sont primordiales pour aller vers plus d'égalité entre les deux sexes !

Reconnaissance et représentation politique

  • En 1851, Angélique-Marie Duchemin reçoit la légion d'honneur et est la première femme à détenir ce titre.

  • En 1974, Françoise Giroud est nommée secrétaire d'Etat à la condition féminine.

  • En 1981, Yvette Roudy est nommée ministre déléguée du Droit des femmes.

  • En 1991 pour la première fois de l'histoire, une femme devient Premier ministre. Il s'agit d'Edith Cresson.

Du manifeste des 343 à la légalisation de l'IVG

  • En 1960, le Mouvement Français pour le Planning Familial (MPLF) remplace la Maternité heureuse créée en 1956.

  • La loi Neuwirth de 1967 autorise la contraception, qui était considéré depuis 1920 comme l'avortement, c'est-à-dire comme un crime.
  • A partir de 1974, la pilule est accessible aux mineures gratuitement et anonymement dans les Plannings Familiaux.

  • Le 5 avril 1971 est publié dans le Nouvel Observateur le manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir, dans lequel 343 femmes avouent avoir eu recours à l'avortement. Ces femmes, connues ou pas, avaient pour objectif de démontrer qu'il s'agissait d'un enjeu de santé publique et de liberté important et qui touchait un grand nombre de femmes. Une démarche coup de poing à une période où l'on devait se cacher si l'on se faisait avorter, pour éviter les poursuites judiciaires.

  • Parmi les signataires du manifeste des 343, on retrouve des femmes également impliquéess au sein du Mouvement de Libération des Femmes (MLF). On peut situer la naissance de ce mouvement de lutte féministe et de remise en question de la société patriarcale au 26 août 1970. Ce jour-là, les militantes du MLF organisent leur premier meeting public et vont déposer une gerbe de fleur pour la femme du soldat inconnu en brandissant des banderoles sur lesquels on pouvait lire des messages tels que "un homme sur deux est une femme" ou "il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme".

  • En 1972, le procès Bobigny place le projecteur sur la question de la légalisation de l'IVG puisque Marie-Claire Chevalier est jugée pour un avortement, ce qui est alors encore considéré comme un crime : elle sera relaxée.

  • En 1975, Simone Veil est nommée pour mettre en place la loi Veil qui légalise l'IVG. Avant cette date, les avortements étaient pratiqués à l'étranger ou clandestinement, par exemple avec des aiguilles à tricoter, avec de grands risques sanitaires et médicaux notamment d'hémorragie, pouvant entraîner la mort. La légalisation de l'IVG permet de réaliser un avortement en sécurité.

  • Il faudra attendre 1982 pour que l'avortement soit remboursé par la sécurité sociale.

  • Depuis 2000, toute entrave à l'IVG est passible d'une condamnation en justice.

Ce sujet reste néanmoins d'actualité et provoque toujours de vifs débats ! En effet, de nombreux pays reviennent sur cette législation et sur ces droits que les féministes se réjouiss(ai)ent d'avoir gagnés.

Violences conjugales, violences sexuelles... une réalité choquante, toujours d'actualité malgré quelques avancées...

Ce 1er octobre 2018 passait à la télévision le téléfilm retraçant l'affaire Jacqueline Sauvage, avec Muriel Robin dans le rôle de cette femme battue qui a fini par tuer son mari, dont le procès a fait grand bruit et qui a fini par être grâciée par le président François Hollande en 2016. Ce genre d'affaires médiatiques nous rappelle que les violences conjugales ou/et les violences envers les femmes existent au sein de notre société et que nous ne pouvons pas rester indifférents face à cet état de faits qui glace le sang.

A ce propos, Muriel Robin elle-même a lancé une pétition sur le sujet afin que le silence cesse autour de ces violences, n'hésitez pas à cliquer pour soutenir cette cause !

  • Le viol est réprimé depuis 1810 mais n'est considéré comme un crime que depuis 1980 ! Pourtant chaque année ce sont environ 250 000 personnes qui sont violées (enfants, femmes et hommes confondus), d'après une enquête de l'INSEE.

  • En 2012 est mise en place une loi contre le harcèlement sexuel et en 2016 est adoptée une loi contre la prostitution.

  • Au début du XXIème siècle, plusieurs lois ont vu le jour en ce qui concerne les violences conjugales. Cependant on voit bien qu'elles ne sont pas suffisemment efficaces et qu'il reste encore beaucoup de progrès à faire pour que ces violences cessent.

Sur instagram, vous pouvez retrouver des témoignages de victimes de violences conjugales sur le compte @claquemoncoeur. Merci à ce compte d'en parler et de donner la parole aux victimes, et d'ailleurs pas seulement à des femmes au sein de couples hétérosexuels.

Et pour un peu plus de tendresse, de douceur et d'amour, vous pouvez consulter notre article sur les 11 meilleures comptes instagram qui parlent d'amour, de sexe et de rencontres.

Découvrez aussi les actions féministes des Femen dans notre article sur l'histoire incroyable de ce mouvement et ses activistes.