Dans toutes les époques, aux quatre coins du monde, des femmes ont vaincu l’ennemi, transperçant le coeur de leurs opposants par le glaive ou par leur brillant esprit stratège. Ses fines guerrières, redoutables combattantes ont dérouté les hommes face à elles. Lumière sur 5 femmes guerrières de l’Histoire qui ont fait trembler leurs ennemis avec leur plus belle arme, leur courage. De quoi s’en inspirer pour des combats quotidiens (mais moins sanglants s’il vous plaît Mesdames).

1 - Lozen, la chamanique et intrépide combattante apache

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Lozen combattit dans plus de campagnes contre les Mexicains et les Américains qu’aucun des grands chefs de guerre apaches.

Cette guerrière amérindienne naît dans les années 1840 au sein d’un peuple apache vivant au sud-ouest des Etats-Unis, les Chiricahuas. Soeur cadette du chef de guerre Victorio, il la considérait comme sa main droite, aussi forte qu’un homme et surtout plus brave que la plupart d’entre eux. De sa jeunesse, on sait seulement qu’elle fit très vite preuve d'un talent tout particulier pour le combat et qu’elle refusa de se marier.

Avec une réputation de redoutable combattante, une rumeur de chamane entoure la jeune guerrière qu’on dit capable de prédire les déplacements des ennemis durant les batailles, mais aussi de guérir miraculeusement les blessures.

Le courage serait-il contagieux ? On raconte que l’intrépide aurait insufflé sa vaillance aux femmes et enfants de sa tribu pour traverser le grand fleuve, Rio Grande alors en crue, pour fuir l’ennemi. Peu de temps après, Lozen met à l’abri une femme sur le point d’accoucher dans une réserve d’Apaches. Chassant au couteau pour éviter de se faire repérer, Lozen vole des chevaux et traverse le désert pour arriver à destination.

Revenue à la réserve, elle apprend la mort de son frère Victorio, tué par l’armée mexicaine à Tree Castillos. Elle décide aussitôt de s’engager aux côtés des quelques survivants et du nouveau chef Chiricahua, Nana, pour venger la mort de son frère. Nana dira d’elle : « Bien qu’elle soit une femme, il n’y a pas de guerrier qui égale la sœur de Victorio ».

2 - Cléopâtre, reine séductrice et légendaire guerrière de l’Antiquité

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La belle Cléopâtre, la légendaire séductrice des récits antiques et des films hollywoodiens ne devrait pas être limitée à ses charmes. La guerrière Cléopâtre, dernière descendante de la dynastie ptolémaïque qui régna sur l’Egypte pendant presque 300 ans, assura l’indépendance de son royaume à travers son influence sur les empereurs romains Jules César et Marc Antoine, comptant parmi les plus puissants hommes de l’époque.

C’est injustement qu’on rattache le statut de Cléopâtre à sa sexualité, car si sa sensualité et son intelligence ont agi de pair dans son règne, sa puissance n’était pas seulement due à sa beauté. Son pouvoir d’influence, elle le devait aussi grandement à son esprit qui lui a permi de garder son contrôle et sa réputation de reine indétrônable pour des siècles et des siècles.

Sa liaison avec César puis Marc-Antoine n’est un secret pour personne, pas plus que l’assassinat de son rival, frère et époux Ptolémée XIV.
Des rumeurs la décrivent comme la prostituée de César puis comme celle qui tenait Marc Antoine sous ses charmes pour mieux régner sur Rome. Il est certain que l’amour fou porté par Marc Antoine envers la belle reine ne se méfie pas du sens politique indéniable de Cléopâtre qui souhaite donner un pouvoir autonome à son royaume. Ensemble, ils font la conquête de nombreux territoires et éveillent jalousies et messes basses.

Cette reine impitoyable met son intelligence et son avidité au service de l’Egypte. Elle réforme le système monétaire, assainit le commerce, et brise les monopoles romains. L’ancienne puissance égyptienne retrouve progressivement son éclat. Pourtant, les réjouissances sont brèves et le bruit court qu’elle serait un oiseau de mauvaise augure pour Marc Antoine, pierre d’achoppement de l’Empire romain. La guerre éclate entre le couple éclatant et Octave, excédé.

Durant la bataille d’Actium en -31, la belle préfère fuir, pressentant sa défaite. Marc Antoine de retour à Alexandrie en -31 apprend la fausse rumeur du suicide de Cléopâtre et se tue en retournant son glaive contre lui. Le 12 août -30, on raconte que Cléopâtre se serait donnée la mort en se faisant mordre par un serpent venimeux logé dans un panier de figues. D’après les traditions égyptiennes, cette morsure serait censée lui donner l’immortalité. A croire que le mythe était réel, Cléopâtre étant restée vivante dans l’esprit de tout un chacun.

3 - Marina Mikhaïlovna Raskova la guerrière du ciel soviétique

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Figure de l’aviation soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, elle a fondé trois régiments d’aviation entièrement féminins, parmi lesquels le 588e NBAP, surnommé « sorcières de la nuit » par les Allemands.
Fille d’une professeure et d’un chanteur d’opéra, Marina Mikhaïlovna Raskova se destinait d’abord à une carrière de musicienne, qu’elle abandonna au profit d’études de chimie.

Pourtant, contre toute attente, la jeune chimiste s'intéresse à l’aviation dans les années 1930, et se fait rapidement embaucher par l’Air Force Academy. En 1934, elle devient la première femme navigatrice au sein des Soviet Air Forces. A peine une année plus tard, elle devient pilote, diplômée et instructrice puis pIlote d’essais en 1937.

Elle bat le record de la plus longue distance volée par une femme en 1938, franchissant 5900 km entre Moscou et Komsomolsk aux côtés de Valentina Grizodoubova et Polina Ossipenko. Son avion menaçant de s’écraser, elle fut contrainte de s’éjecter en vol et dut survivre dix jours dans la neige, sans eau et presque sans vivres. Au mois de novembre de la même années, les trois femmes sont faites héroïnes de l’Union soviétique suite à cet exploit, premières femmes à recevoir cette distinction.

Marina rejoint les régiments féminins durant la Seconde Guerre mondiale et se bat pour que les femmes pilotes participent aux combats. Si leur présence n’est pas officiellement interdite, leurs candidatures sont vues d’un oeil réticent. Grâce à ses liens avec Staline, l’aviatrice obtient la création de régiments féminins en 1941.

La combative Marina voit sa carrière prendre fin lorsqu’une tempête la surprend alors qu’elle convoie deux bombardiers durant la bataille de Stalingrad. Son avion s’écrase dans des falaises au bord de Volga, Marina a 30 ans. Staline ordonne des obsèques nationales et fait placer les cendres de Marina Raskova dans le mur du Kremlin.

4 - Les Sœurs Trung, les combattantes héroïques du Viêt Nam

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Les deux soeurs Trung, filles d’un préfet de la région voient le jour à une date inconnue dans le nord du Viêt Nam. Prédisposées à la guerre pourrait-on penser, elles grandissent dans une famille de militaires et apprennent dès leur jeunesse les arts de la guerre et les arts martiaux.

Le Viêt Nam de l’époque est alors sous domination chinoise depuis 111 avant JC. Insurgées par les traitements subis par les Vietnamiens, les soeurs se révoltent.

La lutte des deux soeurs commencent en 39. Elles forment une grande armée de femmes et éloignent une unité chinoise dans leur village. En seulement quelques mois, le nord du pays est libéré et elles conquièrent de nombreuses citadelles. Leur règne s’étend sur le pays durant plus de trois ans. Néanmoins, le Chinois qui n’ont pas dit leur dernier mot montent une puissante armée pour les contrer.

Dans une bataille finale aux alentours de 43 après JC, la légende raconte qu’une vietnamienne capitaine d’un groupement de soldats du nom de Phung Thi Chinh, accouche sur le front mais continue sa lutte, tenant son bébé d’un bras, l’épée de l’autre. L’armée vietnamienne vaincue, les soeurs Trưng Trắc et Trưng Nhị se suicident en se jetant dans la rivière Hat. Phung Thi Chinh aurait également mis fin à ses jours, emportant dans sa mort son bébé.

Le Viêt Nam tout entier considère les deux soeurs à l’origine du premier mouvement de résistance contre les Chinois comme des héroïnes nationales. Nombreux temples et hommages divers leur sont dédiés, et un jour férié annuel commémore la disparition de ses vaillantes guerrières.

5 - Seh-Dong-Hong-Beh, cheffe guerrière des « Amazones » du Dahomey

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Au 19e siècle, Seh-Dong-Hong-Beh prend la tête d’une armée exclusivement féminine, qu’on surnomme les Amazones du Dahomey (correspondant au Bénin actuel). Menant une troupe de 6000 femmes, elles vont ensemble à l’assaut d’une forteresse.

Très peu d’éléments de la vie de celle dont le nom signifie “Dieu dit la Vérité” sont connus. Vivant à une période où la France étend ses colonies en Afrique, dans le Royaume esclavagiste du Dahomey, elle évolue à une époque où les conflits avec les peuples voisins font rage.

Intégrée à son corps d’armée, des femmes combattantes sont présentes depuis le début du 18e siècle. A l’origine de cette unité, la reine Tasi Hangbè qui créa en 1708, un corps de femmes guerrières. On les appelle Minos, signifiant “Nos mères” en fongde, la langue officielle du Royaume. En découvrant ce régiment de guerrières, les Européens les nomment Amazones, référence aux guerrières de la mythologie grecque.

C’est ainsi que Seh-Dong-Hong-Beh, devenue cheffe des Minos en 1851, dirige son armée. Avec des lances, des flèches et des épées, elles s’élancent à l’assaut de la forteresse Egda de Abeokuta, perdant dans cette lutte sanglante nombre de recrues. Après cela, les Minos ont combattu contre l’avancée des colons français, jusqu’à ce que le corps des Amazones ne soit dissout par l’intégration du Dahomey à l’Afrique-Occidentale française.