Des adieux dignes de leurs auteurs, des lettres de rupture marquées par l’intensité passionnelle des amours vécus, les 5 plus belles lettres de rupture ramènent au coeur intime des relations amoureuses, à leurs échecs et leurs joies. A l’heure où on ne s’écrit plus, ces correspondances où amour et désespoir s’entremêlent, rappellent les adieux oubliés des plus célèbres amants de l’Histoire. 5 lettres de rupture, 5 minutes de lecture pour redonner vie aux fins de ses amours tourmentés. Se dire adieu n'a jamais été aussi beau.

1. Lettre de rupture d’Anaïs Nin à Eduardo Sanchez “c’est un signe que l’amour est mort.”

Plus-belles-lettres-rupture-2-1

L’impétueuse auteure de Vénus Erotica ne rougissait de rien ni de personne. Surnommée la "dévoreuse d’intellectuels", transgressive et provocatrice, Anais Nin était trop libre pour être l'esclave d’un quelconque sentiment. Sans grand détour, elle écrivait à Eduardo Sanchez une acide et dernière lettre marquant leur rupture :
“entre nous la guerre est déclarée. Nous nous haïssons cordialement. Nous nous haïssons parce que nos façons de sentir et d’agir sont diamétralement opposées (...) j’aurais souhaité que l’homme que j’ai aimé fut autrement. C’est de l’égoïsme, pas de l’amour. C’est un signe que l’amour est mort.”

2. Lettre de rupture du Vicomte de Valmont à la Présidente de Tourvel “ce n’est pas de ma faute”

Plus-belles-lettres-ruptures-5

Le plus scandaleux roman épistolaire de la littérature du XVIIIe siècle, Les Liaisons Dangereuses, retrace les jeux manipulateurs de pervers libertins, qui sans foi ni loi, finiront eux-mêmes victimes de leur dépravation.

Après être parvenu à séduire la puritaine Présidente de Tourvel par seul défi, le Vicomte de Valmont, tombe dans son propre piège, amoureux pour la toute première fois. Mais challenge oblige, il se voit contraint de rompre avec sa belle et lui adresse cette lettre de rupture odieuse qui causera la mort de celle qu’il abandonna :
“On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute. (...) Si la nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute. Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute.”

3. Lettre de rupture de Franz Kafka à Milena Jesenská : “maintenant la nuit est là.”

Plus-belles-lettres-rupture-6

Quand par hasard elle tombe sur une nouvelle de Kafka, Milena Jesenska demande à l’écrivain de l’absurde l’autorisation de la traduire. Alors tout commence.

Correspondance passionnée et tourmentée, les deux amants ne se rencontreront pourtant que deux fois, et leur amour sera cloîtré dans l’encre séchée. Milena ne parvenant à quitter son époux, leur histoire s’essouffle à travers des lettres d’une richesse littéraire inépuisable. L’écrivain aux angoisses maladives met fin à la relation en admettant leur impossible amour dans une dernière lettre intense et douloureuse marquant leur rupture :
“maintenant la nuit est là, une nuit profonde et merveilleuse. Je vois combien tu te tourmentes et te tournes et te retournes sans parvenir à te libérer ; je vois — mettons le feu aux poudres — tu n’y parviendras jamais”.

4. Lettre de rupture de Napoléon à Joséphine de Beauharnais “Mon âme s’était ouverte à la joie ; elle est remplie de douleur.”

Plus-belles-lettres-rupture-3-2

Napoléon Bonaparte, le grand révolutionnaire, le génie militaire, le despote craint de l’Europe toute entière : se peut-il qu’il eût aimé d’amour ?
Général de brigade durant la Révolution Française, il rencontre Joséphine de Beauharnais et s’éprend d’amour pour elle. Le 11 juin 1796, leur aventure prend fin dans une lettre dévoilant un Napoléon amoureux et souffrant :

“Le reproche n’est pas digne de moi. Je n’ai jamais cru au bonheur. Tous les jours, la mort voltige autour de moi… La vie vaut-elle la peine de faire tant de bruit !!! Adieu, Joséphine, reste à Paris, ne m’écris plus, et respecte au moins mon asile. Mille poignards déchirent mon cœur ; ne les enfonce pas davantage. Adieu, mon bonheur, ma vie, tout ce qui existait pour moi sur la terre.”

5. Lettre de rupture d’Elsa Triolet à Louis Aragon : “Je te reproche de vivre depuis trente-cinq ans comme si tu avais à courir pour éteindre un feu”

Plus-belles-lettres-rupture-4-2

Muse, puis épouse, Elsa Triolet fut le grand amour de Louis Aragon. Épris d’une même passion pour la révolution, les deux résistants ne cessent d’organiser la résistance des milieux intellectuels. Le couple se voit peu, chacun noyé dans ses écrits et dans ses entreprises individuelles. Dans un dernier cri du coeur, Elsa Triolet s’adresse à son mari en lui livrant sa solitude et sa douleur immense :

”Je te reproche de vivre depuis trente-cinq ans comme si tu avais à courir pour éteindre un feu. Dans ta course, il ne faut surtout pas te déranger, ni te devancer, ni t’emboîter le pas, ni te suivre — quel que soit l’ouvrage — aussi bien couper des branches sèches, il ne faut surtout pas s’aviser de faire quoi que ce soit avec toi, ensemble. Pourquoi je te le dis ? Pour rien. Comme on crie, bien que cela ne soulage pas. La solitude n’est pas le grand thème de mes livres, elle l’est — de ma vie”