Les sociétés contemporaines du monde entier sont majoritairement patriarcales. Néanmoins, il existe quelques sociétés matriarcales actuelles dont on ferait bien de s’inspirer ! Voici quelques exemples choisis avec soin pour vous montrer que ça existe bel et bien, et que ça fonctionne. Non, le patriarcat n’est pas la seule culture possible !

Les Amazones : des guerrières qui ont marqué l'histoire

Commençons ce voyage par un petit détour dans le temps. Tout le monde a déjà entendu parlé du mythe des Amazones, ces guerrières qui se seraient coupé un sein afin de manier leur arc plus facilement. Comme tous les mythes, l’histoire des Amazones est romancée et modifiée, d’autant plus que les sources de ces récits sont grecques. Or, la société grecque était fondamentalement patriarcale. Il faut donc comprendre que les grecs ne tenaient pas plus que ça à ce que les femmes de leur société entendent parler d’un peuple de guerrières, des fois que ça leur donne des idées, on ne sait jamais ! En réalité donc, les Amazones ne tuaient pas leurs enfants mâles comme le dit la légende. En revanche, il s’agissait effectivement d’une société matriarcale, dans laquelle les femmes confiaient leurs enfants aux hommes, chargés de s’en occuper.

De plus, des sépultures de femmes guerrières enterrées avec leurs armes ont en effet été retrouvées, allant dans ce sens. Des recherches sont en cours, qui pourraient ébranler quelque peu la croyance tenace selon laquelle le patriarcat serait « naturel », ainsi que tout son cortège d’absurdités à propos des rôles genrés des femmes et des hommes. Non, ni les hommes ni les femmes ne sont faits « pour ci ou ça ».

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Les Navajos : une communauté amérindienne matriarcale actuelle

Outre le fait que la communauté Navajo fait partie des rares sociétés indigènes des Etats-Unis a avoir réussi à survivre et à préserver autant que possible leur culture, il s’agit également d’une société matriarcale, reposant sur une transmission matrilinéaire. Cela signifie que l’héritage des biens, hogans (maisons Navajos), et propriétés agricoles, se fait de mère en fille. De même, une fois marié, l’homme rejoint son épouse pour vivre avec elle, et se rapproche par la même occasion de la famille de sa femme. En cas de divorce, la femme conserve tous les biens ainsi que le hogan et l’homme doit quitter le domicile familial. Une structure familiale qui détonne au coeur de l’Amérique et du monde occidental !

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Les Mosos : société matriarcale et liberté sexuelle

Les Mosos sont une tribu tibétaine. Il s’agit d’une minorité ethnique qui vit en Chine, et il s’agit bien sûr d’une société matriarcale actuelle, dans laquelle l’homme passe vraiment au second plan. **Dans cette société, les femmes atteignent la majorité l’âge de 13 ans et obtiennent l’accès à leur « chambre des fleurs », où elles pourront exercer leur sexualité en toute liberté.

En effet, pas de mariage chez les Mosos ! Les femmes sont libres de choisir leurs amants et d’en avoir plusieurs, d’en changer, etc.** C’est pourquoi pendant longtemps, les enfants ignoraient l’identité de leur père biologique, même si c’est aujourd’hui moins le cas en raison des évolutions administratives du pays. La figure « paternelle » est donc assurée par les frères de la mère.

Fait amusant : les Mosos considère que l’enfant hérite uniquement du patrimoine génétique de sa mère. Dans leur culture, le sperme est considéré comme de l’eau qui viendrait « arroser » les petites graines dans le ventre de la mère pour permettre à un enfant de se développer et de « pousser » au cours de la grossesse.

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Les Khasis : l'exception matriarcale au sein d'une Inde actuelle très inégalitaire

Cette société matriarcale indienne de 3 millions de personnes contraste avec le reste de l’Inde contemporaine, particulièrement inégalitaire entre les hommes et les femmes. En effet, au sein de ce peuple, les femmes sont 4 fois moins agressées qu’ailleurs dans le pays ! De quoi remuer les clichés selon lesquels les hommes sont biologiquement présupposés à la violence !

Chez les Khasis, on espère qu’un nouveau né soit une fille, et l’on est déçu lorsqu’il s’agit d’un garçon. De fait, comme les héritages sont transmis de façon matrilinéaire, la naissance d'une petite fille est préférable à celle d'un garçon. A défaut de mettre au monde une fille, l’héritage passera à une nièce, mais en aucun cas à un garçon.

Voilà qui sort du lot, en comparaison avec le reste de l’Inde où les filles sont considérées comme un fardeau financier et parfois même tuées à la naissance ou éliminées par avortement.

Cependant, les choses évoluent parmi les Khasis. En effet, en raison de l’expansion des médias et de la diffusion de la culture patriarcale indienne ou occidentale, les hommes Khasis commencent à se rebeller et à demander un retournement de l'ordre établi, une égalité entre les hommes et les femmes, voire même une domination masculine !

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Les Touaregs : une société matriarcale qui contraste avec les autres civilisations arabes

Le peuple des Touaregs diffère des autres civilisations arabes par son fonctionnement matrilinéaire et matriarcal. En effet, l’héritage du rang social et du pouvoir politique passe par les femmes. De même, là encore c’est à la famille du futur époux d’offrir une dot à la femme qu’il marie, c’est à lui de rejoindre la famille de sa femme, et c’est elle qui garde les biens du couple en cas de divorce, tandis que le mari divorcé se retrouve sans rien.

De plus, il existe au sein de cette société une sorte de code moral appelé l’ « asshak » qui protège les femmes et leurs droits au sein du peuple Touareg.

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Les sociétés matriarcales sont trop peu connues et c’est réellement dommage car nous avons beaucoup à apprendre de ces peuples qui ont su façonner leur culture autrement que par le patriarcat. Ces sociétés matriarcales actuelles sont la preuve qu’un autre fonctionnement est possible et existe déjà hors de nos sociétés occidentales. De quoi fournir des arguments pertinents pour débattre de féminisme !

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